Lubumbashi : des déplacés du Kivu en sit-in pour dénoncer leurs conditions de vie précaires

 


À Lubumbashi, loin des lignes de front mais au cœur d’une autre forme de crise, des déplacés ayant fui les violences persistantes dans l’Est de la RDC, notamment dans les provinces du Kivu, tentent de survivre dans l’indifférence quasi générale.

Installés au quartier Luwowoshi, dans la commune Annexe, ces familles déracinées ont organisé, ce mardi 17 mars, un sit-in devant le gouvernorat du Haut-Katanga. 

Une action pacifique, mais lourde de sens, traduisant à la fois leur désespoir et leur volonté de ne plus rester invisibles.

Derrière cette mobilisation, il y a des parcours brisés : des hommes et des femmes contraints d’abandonner leurs terres, leurs biens et parfois leurs proches, pour échapper à la violence armée. 

Arrivés à Lubumbashi avec l’espoir de trouver refuge et assistance, ils se retrouvent aujourd’hui confrontés à une précarité alarmante.

Sur place, les conditions de vie sont décrites comme inhumaines.

 Accès limité à l’eau potable, insécurité alimentaire chronique, absence de soins médicaux adéquats, abris de fortune : le quotidien de ces déplacés est marqué par une lutte permanente pour la survie. 

Les enfants, particulièrement vulnérables, paient un lourd tribut dans ce contexte d’abandon.

Par leur sit-in, ces déplacés ont voulu lancer un cri d’alarme aux autorités provinciales.

 Ils réclament non seulement une aide d’urgence, mais aussi une reconnaissance de leur situation et une prise en charge digne. Car au-delà de l’assistance matérielle, c’est leur dignité qui est en jeu.

Cependant, jusqu’à présent, aucune réponse concrète n’a été apportée. 

Ce silence des autorités alimente un sentiment d’abandon et pose une question essentielle : combien de temps encore ces populations devront-elles attendre avant d’être entendues ?

Cette situation met en lumière les limites de la gestion interne des crises humanitaires en RDC, où les déplacés internes restent souvent les grands oubliés des politiques publiques. Elle interpelle également la responsabilité collective, tant des institutions que des acteurs humanitaires.

À Lubumbashi, ce sit-in n’est pas seulement une manifestation. C’est un appel à la conscience, un rappel que derrière les chiffres et les discours, il y a des vies humaines suspendues à l’espoir d’une réponse qui tarde à venir.

 Par Soleil Magazine

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