Kinshasa : l’opposition dénonce une gouvernance par la peur.



Ce qui était autrefois présenté comme des cas isolés semble désormais prendre une dimension plus large.    En République démocratique du Congo, la multiplication des arrestations jugées abusives ou arbitraires inquiète l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient les signes d’un durcissement du climat politique

un front inédit a été officiellement mis en place à Kinshasa. Il réunit des opposants politiques et des activistes autour d’une revendication centrale : dénoncer la répression et exiger le respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

En marge de la rencontre, l’opposant Ados Ndombasi a vivement critiqué l’action des autorités. Selon lui, « le régime en place n’a qu’un seul objectif : faire taire toutes les voix qui dénoncent la dictature et la mauvaise gestion ». Il accuse notamment le Conseil national de cyberdéfense (CNC) d’être devenu un outil de pression contre les voix critiques, en particulier sur les réseaux sociaux.

Plusieurs personnalités ont pris part à cette initiative, parmi lesquelles Mike Mukebayi, Gloria Sengha, Dahlia Tshilanda, Joel Lamika et Jonathan Kalumba. Tous affirment privilégier une démarche pacifique et appellent à la consolidation d’un véritable État de droit. « Nous ne voulons pas le chaos, nous voulons l’État de droit », a insisté Ados Ndombasi devant les participants.

La création de ce front intervient dans un contexte de crispation croissante. Ces derniers mois, des militants, journalistes et figures de l’opposition ont fait l’objet d’interpellations répétées, alimentant un climat de méfiance au sein de l’opinion.

Plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur ce qu’elles considèrent comme une dérive préoccupante, évoquant un usage jugé disproportionné des forces de sécurité pour contenir la contestation.

Reste à savoir si cette nouvelle coalition parviendra à élargir son audience au-delà des cercles militants et politiques. Pour ses initiateurs, l’enjeu est désormais de transformer l’indignation en une dynamique citoyenne capable de pousser les autorités à garantir pleinement les libertés publiques.

De leur côté, les autorités n’ont pas encore officiellement réagi à la mise en place de ce front ni aux accusations formulées par ses membres.


Par Louis tshikonde 

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