Kinshasa, Arrêté depuis le mois de novembre dernier, le général de brigade John Tshibangu a été officiellement conduit, samedi, à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Ce transfèrement intervient après une longue série d’auditions menées successivement par les services d’intelligence, puis par l’auditorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon des sources sécuritaires concordantes, ces auditions visaient à éclairer les zones d’ombre entourant le parcours et les activités récentes de cet officier supérieur, dont le profil reste controversé au sein de l’opinion publique et des milieux militaires.
Figure connue de l’histoire politico-militaire congolaise, John Tshibangu s’était illustré par le passé comme renégat et rebelle sous le régime de Joseph Kabila. À l’époque, il avait été condamné par la justice militaire, avant de bénéficier plus tard d’une mesure de clémence sous le régime actuel.
Réhabilité et réintégré dans les rangs de l’armée, il avait été élevé au grade de général de brigade, puis nommé commandant des FARDC dans la province du Kasaï Oriental, une décision qui avait suscité de nombreuses interrogations et critiques, notamment au regard de son passé judiciaire.
Pour l’heure, aucune communication officielle détaillée n’a été faite sur les charges précises qui pèsent contre lui ni sur la suite de la procédure judiciaire. Toutefois, son incarcération à Ndolo laisse présager l’ouverture imminente d’un dossier judiciaire formel devant les juridictions militaires compétentes.
Cette affaire relance le débat sur la gestion des carrières militaires, la réintégration d’anciens rebelles au sein des forces armées, ainsi que sur les exigences de redevabilité, de discipline et de loyauté au sein de l’armée congolaise, dans un contexte sécuritaire national toujours marqué par de multiples défis.
Louis tshikonde


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