Les professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) se préparent à organiser un sit-in ce mardi 27 août 2025 devant la Primature. Leur objectif est d’interpeller le gouvernement congolais sur plusieurs revendications majeures : la dotation en véhicules, la régularisation des grades académiques, ainsi que l’amélioration de leurs conditions salariales et de travail.
Selon le professeur David Lubo, président de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), cette décision découle d’une assemblée générale tenue récemment.
« Nous allons entamer des discussions avec le recteur de l’UNIKIN afin d’envisager une manière de rendre hommage aux professeurs devant le bâtiment administratif. L’assemblée générale a résolu d’organiser un sit-in à la Primature pour défendre le dossier des véhicules, la correction des grades et l’amélioration du traitement salarial », a-t-il affirmé.
Des revendications récurrentes
La grogne des professeurs de l’ESU en RDC ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs décennies, le corps professoral réclame une meilleure prise en charge par l’État, déplorant la dégradation continue de leurs conditions de vie et de travail. Déjà dans les années 1990 et 2000, des grèves à répétition avaient paralysé les universités publiques, poussant nombre d’enseignants qualifiés à s’expatrier.
En 2020, l’APUKIN avait mené une série de mouvements de grève pour exiger notamment l’application effective de la "retraite honorable", la régularisation des grades et une rémunération décente. En 2022 encore, les professeurs avaient observé plusieurs semaines de grève, obligeant le gouvernement à ouvrir des discussions qui n’ont toutefois pas résolu toutes les préoccupations.
Une situation qui fragilise l’enseignement supérieur
Ces revendications traduisent un malaise profond au sein de l’enseignement supérieur et universitaire congolais. Le manque de moyens financiers, l’insuffisance des infrastructures, la précarité salariale et la lenteur des réformes impactent directement la qualité de la formation des étudiants.
Pour de nombreux observateurs, la résolution de ce conflit passe par un véritable engagement politique et budgétaire, afin de redonner au métier d’enseignant-chercheur toute sa dignité et permettre aux universités congolaises de jouer pleinement leur rôle dans le développement du pays.
Un test pour le gouvernement
Le sit-in annoncé pour le 27 août apparaît donc comme un nouvel épisode d’un bras de fer ancien entre les professeurs et les autorités. Les enseignants attendent des réponses concrètes et immédiates, tandis que le gouvernement congolais est face à un test de crédibilité : apaiser la colère des professeurs ou risquer une paralysie prolongée du système universitaire.
Louis tshikonde


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